"Printemps Arabes", le cas Syrien…

Il n’a jamais existé dans toute l’histoire de l’humanité et ne pourra jamais exister de révolution soutenue par des forces impériales. Comme il ne saurait exister de mouvement populaire spontané qui se transforme en révolution sans réalité historique ancrée dans la société et sans organisation structurée dotée d’une direction, qu’elle soit collégiale ou individuelle, emmenée par un leader charismatique, qui sache agréger des énergies, parfois antagonistes, pour les orienter vers le même but. Toute l’histoire des révolutions en témoignent. Des manifestations de colère n’ont jamais pu, ne peuvent pas et ne pourront jamais se transformer en révolutions. A moins de croire que « quelques hommes en colère » soient suffisants pour métamorphoser une société en modifiant en profondeur toutes les structures qui font son fonctionnement !

Le mérite d’une résistance est qu’elle permet de toujours mettre à nue ses adversaires. Toute les versions romancées des révolutions qui n’aboutissent pas produisent des récits étonnement hideux tant le voile qui tenait lieu de « cache-sexe » laisse place à des « scripts » écrits longtemps à l’avance par des stratèges diaboliques dont les adresses se trouvent toujours à Washington, Tel Aviv, Paris ou Londres. Ce sont les plus grands experts en terrorisme ! De nombreux pays peuvent témoigner de l’infernale imagination des concepteurs américains, sionistes, français et britanniques que Turcs, Saoudiens et Qataris ont fini par rejoindre. Il suffit de le demander, entre autres, aux libyens, aux syriens, aux irakiens ou encore aux algériens. Et pour ceux qui y ont cru, ils n’ont alors qu’à se demander depuis quand des colonisateurs en puissance, leur bras armé, l’OTAN, et leurs propagandistes (leaders d’opinion ou éditorialistes) se soucient des peuples qu’ils méprisent et dont ils « pompent » les richesses sans vergogne ?

L’intérêt du récit qui suit, « proposé » par l’ancien premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar, Hamad ben Jassem Al Thani, est qu’il vient d’une source au cœur de ceux qui ont inspiré les tentatives de transformations violentes dans certains pays arabes. Son précieux témoignage ne laisse aucun doute sur l’origine du chaos et de la désolation dont ont été victimes ces peuples. Il ne va, bien entendu, pas jusqu’au bout du récit et tente très certainement de minimiser l’implication des uns et des autres mais son témoignage est suffisamment parlant pour saisir l’ampleur du désastre qu’a été l’ingénierie diabolique de ce qui a été présenté comme des « révolutions » conduites par les peuples… Et à vrai dire, le président américain, Donald Trump, a finalement livré le secret de ces « révolutions » qui ne l’ont jamais été. Le nom de « code » est Al Quds/Jerusalem !


Déstabilisation de la Syrie : le grand déballage de l’ex-premier ministre Qatari

Dans un entretien accordé  à la BBC l’ex- premier ministre et ex-chef de la diplomatie Qatarie Hamad bin al-Jassem al Thani, a fait de graves révélations sur le soutien considérable apporté par son pays aux factions armées en Syrie à travers la Turquie, avec la complicité des forces Américaines  et d’autres pays de la région en l’occurrence l’Arabie saoudite, la Jordanie, les Émirats Arabes Unis et la Turquie. Hamad bin al-Jassem a été plus loin en révélant que la Syrie avait échappé en 2007 un an après la défaite d’Israël au Liban à un plan apocalyptique visant sa désintégration.

Par Boudjemaâ Selimia

Hamed Ben Jassem Al Thani
L’ex- premier ministre et ex-chef de la diplomatie Qatarie  Hamad bin al-Jassem al Thani

L’ex-premier ministre Qatari a par ailleurs indiqué que Doha a été désigné pour s’occuper du dossier de la crise Syrienne avec l’approbation totale  de Washington et Riyad, soulignant que son pays est en possession de preuves irréfutables en formes de documents officiels émanant d’Arabie Saoudite et des États-Unis, mandatant le Qatar à prendre en charge le dossier de la crise Syrienne. Jassem a tenu à souligner que le soutien militaire fourni par son pays aux groupes armés en Syrie, était acheminé via la Turquie en coordination avec les États-Unis.

L’acheminement du soutien logistique destiné aux factions armées opérant en Syrie, était selon le néanmoins ex-chef de la diplomatie Qatarie, assuré par les forces Américaines, Turques et Saoudiennes, à partir de la base américaine Incirlik en Turquie.  Une base gérée par des officiers des services de renseignements Américains, Turcs, Saoudiens, Qataris, Émiratis, Marocains, Jordaniens, Israéliens, Français et Britanniques, et dont la première  mission était  la coordination des opérations militaires en Syrie.

Washington a de surcroît mis à la disposition de cette unité du renseignement militaire, six satellites d’espionnage opérant 24 heures sur 24, fournissant tous les détails les plus précis sur l’évolution de la situation sur le terrain, avec photos à l’appui, directement transmis à la salle d’opération dans la base Incirlik, chargée de superviser les opérations militaires dans la zone nord de la Syrie. Les satellites Américains assuraient en même temps la transmission des informations à d’autres centres d’opérations implantés dans la région, notamment dans la ville d’Irbid en Jordanie, dans la région Nord du Royaume, dans la base aérienne Al-Hussein, gérée par des officiers du contre-espionnage Jordaniens, Israéliens, Saoudiens, Émiratis, Américains, Britanniques et Qataris, en charge aussi de superviser les opérations militaires dans la zone sud de la Syrie.

137 milliards de dollars dépensés par le Qatar

L’ancien premier ministre et ex ministre des affaires étrangères Qatari Hamed Bin Jassem al-Thani, qui était aux commandes du Qatar au moment du déclenchement de la guerre en Syrie, affirme en substance que le conflit Syrien a coûté au trésor de son pays plus de 137 milliards de dollars, soulignant au passage que les émirs et commandants des factions armées ont profité de cette manne financière et de l’argent qui coulait à flot, au point où certains d’entre-eux sont devenus des milliardaires, l’argent a aussi servi de provoquer des désertions dans les rangs de l’armée Syrienne. Un militaire sans grade qui accepte de déserter l’armée Syrienne et intégrer une milice armée, recevra une enveloppe de 15.000 dollars, alors qu’un officier touchera environ 30.000 dollars.

L’ex-premier ministre Qatari qui a décidé de faire la lumière sur toutes les manœuvres des pays de la régions, avec l’appui des grandes puissances occidentales, pour instaurer le chaos en Syrie, n’a pas épargné certaines personnalités Syriennes qui avaient trahi leur pays pour une poignée de dollars. Il cite à titre d’exemple dans son entretien à la BBC le cas de l’ex-premier ministre Syrien Riyad Hidjab qui a décidé de claquer la porte, après avoir été approché par son cousin basé en Jordanie, qui lui a présenté une offre Saoudienne de 50 millions dollars en contre-partie de sa dissension, une offre alléchante qu’il avait immédiatement acceptée.

Hamed Bin Jassim revient aussi sur la défection de l’ex-commandant du corps d’élite syrien, la garde républicaine, Manef Tlass, un arrangement mis au point dans les sous sols de la DST Française, en collaboration avec la sœur de Manef Tlass qui est établie depuis longtemps en France, naturalisée Française, Madiha Tlass, veuve de l’homme d’affaire Syro-Saoudien Akram Aaja. L’ancien responsable politique Qatari qui a subitement  décidé de briser l’omerta sur les manœuvres des principaux acteurs de la région dans le conflit Syrien a dans la foulée évoqué le rôle clef du premier ministre libanais Saad Hariri, dans le conflit du pays voisin la Syrie, à partir de son bureau dans la ville Turque de Gaziantep, bureau dirigé par le député Libanais Okab Sakr qui organisait le trafic d’armes vers la Syrie, et cette intrusion de Hariri dans le conflit syrien est une des cause de sa faillite dans les affaires.

Al-Magharibia financée par le Qatar

Al MagharibiaL’ancien ministre Qatari a enfin avoué que son pays a joué un rôle clef dans la destruction de l’Égypte, la Libye,  la Syrie et le Yémen à travers un plan concocté aux États-Uni. Jassem a tenu à mettre en garde contre le rôle joué par des médias comme la chaine Al-Jazeera dans cette stratégie globale d’instaurer le chaos dans plusieurs États de la région. Et de citer d’autres médias financés par l’Émirat du Qatar comme la chaîne de l’ex-FIS Al-Magharibia, chargée de ternir l’image de l’Algérie, en travestissant la réalité et en engageant même des enfants de Harkis pour accomplir une telle besogne, dans le pays du million et demi de chouhadas.

Cela dit, ce déballage à la BBC, par un des hommes clefs de l’émirat du Qatar, montre preuves à l’appui, que les pays cités plus haut ont constitué une large alliance de guerre contre la Syrie qui a subi depuis 2011 une extraordinaire agression qui a mis en scène 200.000 terroristes venus de 87 pays, mis en ruine le pays, entrainant la mort de quelque 300.000 personnes et engendrant 7 millions de réfugiés.

A quand la Cour internationale de Justice (CPI) pour les responsables de ce génocide, de ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?

Source : Déstabilisation de la Syrie : le grand déballage de l’ex-premier ministre Qatari

Lire également en anglais Revelations of a High-Profile Qatari Official Reveal a Wider anti-Syria Conspiracy ou en français Les révélations d’un haut responsable qatari à la BBC dévoilent une conspiration anti-syrienne bien plus large

Voir l’interview de Hamad ben Jassem Al Thani par la BBC en arabe

 

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